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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 09:50

M-duses.JPGL'été dernier, alors que je me trouvais en vacances sur la côte d’azure et que le soleil brillait, le bord de l'eau restait désert. Aucun baigneur à l'horizon. Rien. Si d'aventure un nageur entrait d'en l'eau, il en ressortait rapidement et inévitablement avec une brûlure de méduse.

 

Que se passe-t-il ? Quels dangers pour notre vieille Méditerranée ? la cohabitation est-elle possible ?

 

Dans le box des accusés : « Pelagia noctiluca », environ 10 centimètres de diamètre, couleur mauve, gluante à souhait, 8 tentacules extensibles, carnivore à l’appétit insatiable, urticante à très urticante suivant la sensibilité de sa victime, affectionne les eaux très salées.

Les causes : climat, surpêche, rejets toxiques et mutations génétiques...

 

Les variations climatiques que nous connaissons auraient une incidence directe sur la surpopulation de méduses.

Les biologistes marins de l'Observatoire océanographique de Villefranche-sur-Mer et de l’institut océanographique de Paris s’accordent à dire qu’il existe un « cycle des méduses » qui débuterait tous les 12 ans pour durer 4 à 6 ans…

Ceci expliquerait leur absence des côtes Méditerranéennes depuis 1998 et leur retour en fanfare depuis 2003.

 

Aussi constatent-ils qu’« un déficit prolongé de pluviométrie associé à une hausse des températures de l'eau et de l'air ainsi que des hautes pressions atmosphériques sont des facteurs favorables à la pullulation » avant de commenter que les méduses sont« …d’excellents marqueurs des changements de l’environnement dus au climat. La crainte, c’est qu’au dernier hiver anormalement doux, durant lequel les températures de l’eau, ne sont pas passées sous les 14°C, en succèdent d’autres. Ce qui ne favoriserait pas la diminution du nombre de Pelagia noctiluca. »

En résumé, l’invasion d’invertébrés gélatineux est due à l’évolution de la température, au déficit pluviométrique et à l’augmentation du taux de salinité de la mer. On peut donc s’interroger sur une éventuelle diminution, à terme, du fameux cycle de 12 ans…

 

En parallèle, la surpêche n’arrange pas les choses… puisqu’elle prive la méduse de ses prédateurs habituels à savoir les tortues et le thons, entres autres…

Comme dans un cercle vicieux, la méduse, elle-même prédatrice à l’appétit féroce décime les œufs et larves de ses principaux prédateurs…

 

En résumé, l’homme met en situation de précarité les prédateurs des méduses -> le nombre de méduses augmente-> les méduses se nourrissent des larves et œufs de ses prédateurs = fin de la diversité biologique…

 

Encore plus inquiétant, les rejets toxiques, notamment les hormones contenues dans les pilules contraceptives et les traitement contre la ménopause provoqueraient des mutations génétiques chez les poissons.

Jacqueline Goy, biologiste spécialisée dans les méduses explique que ces substances, « une fois rejetées par les urines, ne sont pas éliminées par les stations d’épuration. Elles se retrouvent dans la mer, avec les mêmes effets : blocage de la fécondation et féminisation des poissons ». Là encore, l’impact est direct sur les prédateurs des méduses et presque imperceptible sur les méduses puisque leur reproduction est partiellement asexuée.

 

Les parades  :

L’interdiction des baignades comme ce fut le cas plusieurs étés de suite sur la côte d’azure,

La mise en place de filets de protection avec la création d’espaces réservés à la baignade comme à Cannes ou Monaco,

La création, en Espagne et Italie, d’un drapeau avec méduses bleues sérigraphiées sur un fond blanc pour avertir les baigneurs,

La réintroduction de tortues à proximité des sites touristiques espagnols…



Et demain ?

 

Présentes depuis plus de 600 millions d’années dans nos mers et océans, les méduses comptent 4000 espèces répertoriées.

 

Les changements climatiques, la surpêche et les rejets toxiques ne semblent avoir aucun effet sur la population grandissante de méduses, bien au contraire.

 

Outre les 70 000 baigneurs brûlés en 2007 et l’impact négatif sur le tourisme, le plus inquiétant reste la perte de la diversité biologique. D’ailleurs, les plus grands biologistes marins tirent la sonnette d’alarme et annoncent déjà que d’ici une vingtaine d’années, nos océans seront vides.



Voir aussi l'article sur la "
galère portugaise" ou physalie.

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Published by Apolline1973 - dans Plongées France
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commentaires

Calyptre77 07/03/2008 21:12

J'aime bien cette espèce, elle montre bien la différence entre la coquille vivante et la coquille morte. A+