Qui suis-je ?

Parisienne de 36 ans, née en allemagne et mariée à un belge, je suis expatriée depuis peu pour des raisons professionnelles à Lyon.

Globe-trotteuse née grâce au travail de mon père et à mon goût prononcé pour la découverte d'autres cultures, (j’ai visité environ 26 pays), j’ai pendant longtemps habité à l’étranger et suis donc habituée à suivre les us et coutumes des localités ou pays dans lesquelles je me trouve.
 
Le déménagement entre Paris et la capitale gauloise n’a donc pas été un bouleversement dans ma courte vie déjà ponctuée de nombreux changements de résidences (Allemagne – Paris – Allemagne – Paris – Allemagne – Paris – Deux Sèvres – Lot et Garonne – Paris – Morbihan – Hérault – Paris – Rhône), mais là, je dois dire qu’en me posant un peu, j’ai découvert les bizarreries des Lyonnais, notamment en gastronomie. Ainsi, les « bouchons » –petits restaurant de spécialités lyonnaise- proposent de la cervelle de canut qui n’a jamais vu de boite crânienne, du tablier du sapeur qui n’a jamais guerroyé ou encore du caviar de la Croix Rousse qui n’a jamais vu la mer.
En extrapolant, je me suis rendue compte qu’au cours de mes périples proches ou lointains j’avais vécu parfois des petites révolutions gustatives et/ou culturelles, dans le bon sens comme dans le mauvais !
 
Assez de blabla, place aux voyages…

 

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Samedi 12 avril 2008
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Août 2001...Je ne pars pas avec l'UCPA pourtant, ils proposent à peu de chose près le même voyage...

A peine sortie de l’aéroport de Bangkok l’humidité ambiante m’imprègne jusqu’aux os. Je rejoins, avec le petit groupe d'une dizaine de personnes, l’hôtel dans lequel nous devons passer les quelques jours qui doivent précéder notre départ dans le nord du pays.

Après une visite de la ville qui nous fait découvrir des temples d’une extrême beauté et des centaines de bouddha (Grand palais, temple du bouddha couché au Wat Pho, temple de l'Aube...), nous partons le lendemain pour le marché flottant à quelques kilomètres de Bangkok. Sur la route, nous nous arrêtons dans une fabrique de pains de sucres.

 

Le marché flottant est un endroit enivrant par les couleurs et les odeurs. Sur des petites barques, des femmes vendent des légumes, des souvenirs et des soupes qu’elles préparent sous nos yeux…avec l’eau brunâtre du fleuve. C’est un spectacle magique pour tous les sens.

   

De retour à Bangkok, nous faisons une promenade sur le fleuve Chao Phraya dans une barge traditionnelle. Nous visitons des recoins insoupçonnés. En soirée, après avoir dégusté une fondue chinoise délicieuse, nous nous hasardons dans le quartier chaud de la ville . Je suis écoeurée de voir l'exploitation des jeunes femmes thaïlandaises par de gros occidentaux ventripotents. Je préfère m'éloigner et faire une halte devant un marchant d'insectes frits...grosses rigolades lorsque devant les yeux effarés des vendeurs, j'engloutis telle quelle une grosse sauterelle...sans lui avoir retiré au préalable les pattes (bon fallait le savoir...heureusement le ridicule ne tue pas !!). Conclusion, c'est pas mauvais, on dirait des crackers "Tuc" pour apéritif (les pattes coincées entre les dents en moins !!).

Après avoir déambulé trois jours dans la capitale, nous embarquons dans le train couchette en direction de Chiang Mai. Le train est étrangement spacieux et très confortable, la SNCF devrait s’en inspirer. Pour le dîner, une jeune femme vient nous servir à notre place un plateau repas composé de mets indéterminés…

Le lendemain, nous arrivons à destination.

Avant de débuter le trek, nous restons une journée dans la région de Chiang Mai pour visiter le Wat Phra That Doi Suthep et ses 300 marches d'escalier à gravir dans une chaleur de plomb...en haut, je m'aperçois que j'ai oublié mon appareil photo. Je redescends les marches quatre à quatre pour acheter un appareil jetable. J'enrage, il faut maintenant remonter !

 
Le jour tant attendu du début du trek arrive. Nous empruntons un taxi local pour nous rendre dans la zone de départ, peu après la ville de Wieng Papao où nous nous arrêtons acheter des moustiquaires (et dire que j'ai payé la mienne une fortune chez décath...!!). Un peu plus loin, nous croisons le chemin de paysans qui repiquent du riz à une vitesse vertigineuse. Nous profitons de cette petite pause pour nous faire expliquer comment ils procèdent et tester nos faibles performances en la matière…


Le trekking dans le triangle d’or doit nous faire découvrir trois des six peuples culturellement distincts qui y vivent - les Karen, les Hmong, les Mien, les Lahu, les Akha et les Lisules. Nous rencontrerons et partagerons un bout de chemin des Karen, Lahu, et Akha au cœur du parc national Huai Nam Dang.

Après une journée de marche dans la jungle détrempée, notre équipée s’arrête à Havy Rai, un village Karen pour la première nuit. Nous sommes accueillis par les enfants du village ainsi que par une jeune femme qui rentre les bœufs pour la nuit. Notre chambre se résume en une cabane collective en bambou. En guise de salle de bain, nous avons un tuyau entouré de planches en bambou. Nous installons tant bien que mal nos moustiquaires et nos matelas.

Au petit matin, nous sommes réveillés par les poules et les coqs qui passent sous la cabane ! Et si on faisait un poulet frit pour le déjeuner ?

Deuxième jour. Nous continuons notre progression et traversons un village Karen avant d’atteindre Paka, un village Lahu. Nous déployons une fois de plus nos moustiquaires et matelas et mangeons d’excellentes nouilles frites à la lueurs de bougies. La nuit tombée, alors que nous sommes trois à discuter, notre guide nous demande de le suivre.

Il nous emmène alors chez des habitants du village qu’il connaît. Nous entrons dans la modeste demeure en bambou où se trouve une famille réunie autour d’un foyer. Au centre de la pièce, un grand-père allongé au raz du sol, fume l’opium à l’aide d’une longue pipe en bois. Avec des gestes d’une extrême lenteur, tout en allumant inlassablement sa pipe, il nous explique la tradition de l’opium dans la vie des paysans thaïlandais. Toutes ses paroles sont soigneusement traduites par notre guide. Le spectacle est hallucinant. J’ai l’impression de vivre une aventure de Tintin et le lotus bleu ! Cette soirée restera à jamais gravée dans ma mémoire.

 

Le lendemain, nous sommes loin de la civilisation. Les villageois que nous croisons sont essentiellement des enfants en tenue d’écolier, des personnes âgées ou des militaires qui luttent contre le trafic d’opium. Au terme de ce troisième jour de randonnée, nous nous arrêtons à Jae Sae, un village Lahu. Le village est spacieux et occupé pour la nuit par des militaires qui nous invitent à boire et partager leur dîner. Nous faisons une grande tablée et essayons tant bien que mal de nous comprendre en avalant un alcool extrêmement fort qui arrache les boyaux. Sous l’effet de l’alcool, les esprits s’échauffent vite et la bonne humeur envahie le village par ailleurs noyé sous des pluies diluviennes. Devant ce spectacle, tous les enfants du village se regroupent autour de nous. Ils touchent nos cheveux et nous chantent des chansons. Pendant ce temps, les parents font peser la récolte du jour afin de la céder à un acheter grossiste.

Le quatrième jour, notre trekking se poursuit dans le triangle d’or près de la frontière Birmane. Les camion militaires sont toujours présents sur les larges pistes en latérite détrempées par la pluie. Nous nous enfonçons dans la forêt et découvrons un paysage magnifique de cultures en terrasse. Nous arrivons pour notre pause quotidienne à Havy Nam Khun, un village occupé par une communauté chinoise. L’ambiance est différente : le chef du village nous invite à boire du saké et je me perds dans la cuisine où je découvre les oeufs de 100 ans.

Pour rejoindre Paka Laung, un village Lahu, nous traversons un village Ahka ou nous déjeunons à côté d’un moulin à grains. Le village est charmant et nous essayons de nous rapprocher des villageoises qui préparent le déjeuner. Nous poursuivons ensuite notre route par la rivière, en pleine forêt. La marche est longue et nous terminons à la tombée de la nuit. Il fait froid et la mousson commence à tomber. Les chaussures et vêtements sont trempés et nous essayons en vain de les faire sécher autour du feu…

Le lendemain, camouflés sous nos capes de pluie, constellés de boue, nous continuons notre progression jusqu’à Pamaung, un village karen. Devant les difficultés que nous rencontrons pour avancer, nous décidons de mettre un terme à notre randonnée et de retrouver la civilisation. Nous regagnons en taxi local la petite ville de Maetam, entre Chiang Rai et Wieg Pa Pao.

De là, nous visitons un élevage d’éléphants, la ferme aux orchidées et plusieurs temples avant de rentrer en train à Bangkok.

Arrivés à Bangkok, je décide de passer ma dernière journée thaïlandaise dans la cité historique d'Ayutthaya, au nord de Bangkok. En arrivant la bas, j’ai la chance de découvrir que c’est une fête religieuse et qu’une armée de bonzes sont en déplacement sur le site. Le spectacle est vraiment hors du commun.

Dernière nuit à Bangkok avec un repas dans un restaurant gastronomique de la ville ou je découvre des saveurs encore inexplorées. Un délice (ce repas m'a inspiré l'article sur les bonnes manières à table en Asie).


Ce séjour en Thaïlande est un de mes meilleurs souvenirs de voyage tant le dépaysement a été important. On ne peut garder en mémoire que la gentillesse et le sourire des thaïlandais, même dans les coins les plus reculés.

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