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A l'été 2003, alors que la France connaissait une vague de chaleur, je suis partie faire un trekking dans l'ouest de l'Islande. C'est un pays fantastique ou l'on peut se laisser aller à rêver dans ces paysages lunaires aux trolls (géants grotesques et maléfiques présents dans les contes populaires), au elfes et aux Vikings qui jadis hantaient les lieux...
Coté cuisine, j'ai appris à cuisiner l'agneau des montagnes, à apprécier "hangikjöt" (mouton fumé) ou l'églefin séché et à consommer avec modération le brennivin (alcool local parfumé à l'angélique et au cumin, à base de pommes de terre) mais je suis restée sans voix devant le requin faisandé.
Rien qu'a écrire ces deux mots, je me remémore l'odeur abominable (style amoniac en pire) de cette chose infame...que par dévouement j'ai gouté !
Pour en juger, voici la petite histoire du requin faisandé puis une tentative de recette pour les plus courageux (à vos risques et périles. Je décline toute responsabilité en cas de maladie ou de plainte du voisinage pour l'odeur !).
Pour conserver les aliments pêchés pendant la belle saison mais surtout pour éliminer les toxines présentes dans la chair du requin, notamment l'acide urique, nos amis les Vikings ont mis au point une méthode originale qui ressemble tout de même vaguement à celle utilisée pour la préparation des oeufs de 100 ans en Asie (cf. article sur ce blog). Voici le secret de leur préparation :
- Un requin, de préférence d'Islande. Couper la tête, enlever les reins et le cartilage.
- Découper la chaire en lamelles et la rincer sous l'eau courante pour enlever le sang et les saletés qui auraient pu se déposer.
- Creuser un trou dans le sable, loin des habitations et y déposer le requin. Pour accélérer le processus, le temps doit être clément mais pas trop chaud.
- Couvrir de graviers et de sable et laisser reposer 6 à 7 semaines en été et 2 à 3 mois en hiver.
- Quand le requin sent l'amoniac, sortir le requin du trou, le rincer puis le suspendre à l'air libre pendant 2 à 4 mois.
- Quand tout est terminé couper en petits cubes et conserver dans des bocaux.
LE REQUIN FAISANDE FAIT PARTIE DE LA CULTURE ISLANDAISE.
JE N'APPROUVE PAS DU TOUT LA CONSOMMATION D'ESPECES PROTEGEES
AUSSI, TOUTE AUTRE RECETTE CONTENANT UN ANIMAL PROTEGE EST A PROSCRIRE...
Une cabosse de cacao en Côte d'Ivoire.
Joyeuses Pâques !
Tous ces aliments sont en vente au magasin du restaurant et même sur internet à l'adresse suivante www.edibleonlineshop.com .
La réputation des frites belges vendues dans les nombreux « fritkots » disséminés sur le plat pays n’est plus à faire. Même si nos cousins d’outre atlantique les appellent les
« french chips », la frite, la véritable et unique frite est bien belge !
Avant d’avoir goûté les frites belges, je connaissais, des ersatz de frites, à savoir :
* Les frites standardisées, molles et grasses de nos fast-foot-mal-bouffe baignées rapidement dans une huile de tournesol à moitié
noircie,
* Les frites de toutes tailles et formes ou simili frites pas toujours bien cuites
servies dans les restaurants et accompagnées du traditionnel steak,
* Les frites de ma maman soigneusement découpées à la main et préparées amoureusement dans deux bains de cuisson de Végétaline (c’est meilleur
pour la santé paraît-il).
Mon énorme cornet fumant en main, je quittais donc la baraque à frites et commençait à analyser ce qui allait être mon repas : de belles frites pas trop grasses, pas trop salées, dorées à souhait, croustillantes à l’extérieur mais fondantes à l’intérieur accompagnées des traditionnelles fricadelles. Un vrai bonheur, exit le régime pour aujourd’hui !
Devant mon enthousiasme, et ma frénésie à picorer les bâtons dorés qui dépassaient du cornet, mon jules m’annonça tout de go (je ne lui connaissais pas de telles qualités de marmiton, lui qui a déjà du mal à confectionner une purée en sachet !) que le secret d’une bonne frite belge résidait : 1- dans le choix de la pomme de terre, 2- dans l’huile de cuisson, 3- dans le procédé de cuisson. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser ma curiosité et commencer ma petite enquête auprès de belle-maman.
Voici THE recette, à suivre à la lettre :
1- Laver et peler des pommes de terre de qualité « bintje » (prononcer bintche). Celles-ci, peu farineuses tiennent mieux à la cuisson,
2- Couper des bâtonnets carrés de 1cm de côtés (non ce n’est pas une blague…),
3- Prendre une friteuse remplie au 2/3 de graisse de bœuf autrement appelée blanc de bœuf *,
4- Laver les bâtonnets dans l’eau froide, essorer, sécher (pour ôter l’excédent d’amidon),
5- Plonger les frites une première fois dans l’huile chaude à 160/170° C,
6- Lorsque les premières frites remontent à la surface laisser encore une minute (pas plus), les sortir et les égoutter,
7- Pendant que les frites égouttent (2 à 3 minutes), monter la température de l’huile à 180/190° C,
8- Quand la graisse fume (c’est capital), replonger les frites dans l’huile jusqu'à ce qu’elles prennent une belle couleur.
Marchand de légumes à Bangkok
Dans ma quête gastronomique expérimentale, l’Asie est un terrain de chasse fantastique. Pour preuve, vous pouvez trouver en France, rien qu’en poussant la porte d’une épicerie asiatique du type « PARISTORE » ou « FRERES TANG », une multitude d’ingrédients non identifiés.
En août 2002, lors d’un trekking de dix jours en Thaïlande dans le triangle d’or, loin de la civilisation, nous nous arrêtions chaque soir dans un village différent. L’équipe de porteurs-cuisiniers qui nous suivait s’installait alors dans un petit coin ou dans la cuisine du chef du village pour concocter notre dîner.
Un soir, certainement tenaillée par la faim, j’ai eu la bonne idée d’aller traîner mes chaussures de rando autour des cuisiniers qui s’afféraient.
Alors que je m’apprêtais a demander tant bien que mal (mon thaï est perfectible) la recette de la délicieuse soupe à la noix de coco qui mijotait dans la marmite, mon œil fut attiré par « la chose » dont se délectaient mes hôtes.
Devant ma tête médusée, un des cuisiniers me tendit une petite assiette dans laquelle se balançait une substance noirâtre gélatineuse au cœur verdâtre mais fondant. J’ai immédiatement compris que ce n’était pas un pudding au chocolat et encore moins le fondant au chocolat de mes rêves, mais un œuf de cent ans…Arrrghh j’étais prise au piège, impossible de refuser puis partir en courant sous peine de vexer, voire faire perdre la face à mes interlocuteurs.
Ne pouvant reculer devant tant d’hospitalité (sourire forcé – humm merci) et dans l’hilarité générale, je portais à ma bouche « la chose ». Et là, surprise ! Passé le dégoût à l’idée d’avaler un œuf-noir-donc-pourri-gastro-fin-de-trek-d’enfer, le résultat sur mes papilles ne fut pas trop mal. En fait, il m’est impossible de décrire précisément le goût de cet œuf-mollet-noir, vu que ça ne ressemble à rien, mais croyez-moi sur parole, ce n’est pas mauvais.
De retour en France, j’ai tout de même voulu savoir ce qu’était exactement un œuf de 100 ans. Voici le résultat de mes recherches, peu fructueuses.
Ces œufs de canard bien particuliers viennent en fait de Chine. Là bas, ce sont de véritables mignardises (hé oui !). Pour les amateurs, voici la recette :
Recouvrez les œufs d’un mélange de chaux, cendre, thé et bicarbonate de soude. Enveloppez les œufs de cette mixture et placez les dans un pot en terre. Recouvrez ensuite le pot de terre et placez-le dans un endroit frais. Après maximum 100 jours, sortez les œufs et rincez-les. Cassez la coquille et dégustez.
Si vous n'avez ni chaux, ni cendre, ni jardin pour enterrer votre pot, vous
pouvez toujours essayer cette recette qui sera du plus grand effet :
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