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Les mollusques du genre conus textilis (du latin conus = cône et textum = tisser)
appartiennent à la famille des Conidae qui comptent parmi les espèces de coquillages les plus évoluées.
Présents dans presque toutes les mers et océans du globe, répertoriés en différents sous-genres et en plus de 400 espèces, ces gastéropodes marins de 10 centimètres apprécient les fonds sableux ou coralliens peu profonds.
Redoutables prédateurs carnivore, le cône attend immobile sa proie, la paralyse puis la tue à l’aide d’une dent acérée qui injecte un venin toxique. Les dents non réutilisables stockées dans son appareil digestif peuvent servir de harpon si elles restent maintenues à la trompe de l'animal !
La plupart des cônes sont particulièrement venimeux, voire mortels pour l’homme. Les venins des cônes sont chimiquement proches de ceux des scorpions, araignées et serpents et ont pour principes actifs des toxines peptidiques, les conotoxines. Elles agissent comme des neurotoxiques sur les systèmes nerveux et musculaire, entraînant une lente paralysie et une mort certaine dans un délai de 2 à 6 heures.
Ce venin constitue aussi une source inestimable d’agents pharmaceutiques étudiés dans le traitement de maladies type d'Alzheimer.
Arothron diadematus observé de nuit - Egypte
« Diodon Holocanthus »
Le Diodon (du grec di = deux et odont = dents) est un des poissons coralliens que je préfère.
Diodon qui signifie littéralement en grec « deux dents » s’explique par sa dentition continue sur la longueur de son bec
avec laquelle il broie les coraux et les coquilles des mollusques dont il se nourrit.
Craintif et timide, quand on a la chance de pouvoir l'approcher sans le stresser et de capter son regard, on remarque ses grands yeux qui possèdent la particularité de s'orienter dans des direction différentes.
Lorsqu’il se sent en danger, le poisson porc-épic (encore appelé poisson-hérisson) justifie son nom en se gonflant d’eau, faisant alors ressortir ses épines venimeuses. Trop volumineux pour être ainsi avalé et trop piquant pour servir d’amuse-bouche, le prédateur s’enfuit ou le recrache !
J’avais entendu dire que le diodon gonflé ne devais
pas être sortie de l’eau car il avalait de l’air et mourrait, étant incapable de le recracher. Dans un ouvrage de Charles Darwin
(1809-1882) « Voyage d'un naturaliste autour du monde - Fait à
bord du navire le Beagle de 1831 à 1836 » l’auteur nous livre ses observations et précise que « si on le sort de l’eau
pendant quelques instants, il absorbe, dès qu’on le remet à la mer, une quantité considérable d’eau et d’air par la bouche et peut-être aussi par les branchies. Il absorbe
cette eau et cet air par deux moyens différents : il aspire fortement l’air qu’il repousse ensuite dans la cavité de son
corps, et il l’empêche de ressortir au moyen d’une contraction musculaire visible à l’extérieur. L’eau, au contraire, entre de façon continue dans sa bouche qu’il tient ouverte et immobile ;
cette inglutition de l’eau doit donc dépendre d’une succion. La peau de l’abdomen est beaucoup plus flasque que celle du dos, aussi, quand ce poisson se gonfle, le ventre se distend-il beaucoup
plus à la surface inférieure qu’à la surface supérieure et, en conséquence, il flotte le dos en bas. Cuvier doute que le diodon puisse nager dans cette position ; néanmoins il peut alors
non-seulement s’avancer en droite ligne, mais aussi tourner à droite et à gauche. Il effectue ce dernier mouvement en se servant uniquement de ses nageoires pectorales ; la queue, en effet,
s’affaisse et il ne s’en sert pas. Le corps devient si parfaitement léger, grâce à l’air qu’il contient, que les branchies se trouvent en dehors de l’eau, mais le courant d’eau qui entre par la
bouche s’écoule constamment par ces ouvertures.
Après être resté gonflé pendant quelque temps, le diodon chasse ordinairement l’air et l’eau avec une force considérable par les branchies et par la bouche. Il peut se débarrasser à volonté d’une
partie de l’eau qu’il a laissée entrer. Il paraît donc probable qu’il n’absorbe en partie ce liquide que pour régulariser sa gravité spécifique. ».
Dans le doute abstenons nous de le toucher !
Malheureusement pour lui, le gentil Diodon peut souvent être observé dans les boutiques de souvenir gonflé avec une ampoule à l’intérieur pour servir de lampe décorative, sur les étals des
féticheurs pour être transformé en potion (cf. photo et mon article sur le marché aux fétiches de Lomé au Togo), voire dans les
assiettes des restaurants raffiné japonais où le « Fugu » est un met subtil pour amateurs de sensations fortes.
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